Installations génératives

Fineterre, rencontre avec l'IA

Une intelligence artificielle qui dialogue avec le public, autour des thèmes et des œuvres d'un événement.

L'installation

Fineterre est une intelligence artificielle programmée pour interagir avec le public à partir d'un corpus de thèmes choisis et œuvres suivant un événement en particulier.

Selon la manière dont il interagit, le public ouvre différents chemins à travers les idées, les analyses et les questions réunies dans ce corpus. L'installation prolonge la démarche critique du cycle : écouter, confronter les points de vue, laisser surgir de nouvelles questions. Les modes d'interaction et de médiation s'ajustent au lieu.

Format
installation
Forme
installation sonore interactive
Création
SIMEC 2026, CRR d'Amiens Métropole, 16 au 21 novembre
Lieux
musées, festivals, médiathèques, institutions
Matériel
ordinateur portable de dernière génération, enceintes, grand écran de télévision et/ou vidéoprojecteur (10 000 lumens minimum)

Les vingt thèmes

Les sujets s'organisent en quatre ensembles : comprendre l'IA, examiner les discours et les enjeux, explorer la création, puis entrer dans une œuvre. Chacun peut aussi être abordé de façon autonome.

Ensemble A — Intelligence humaine et intelligence artificielle

  1. Qu’est-ce que l’intelligence ?
    Définitions, adaptation, rôle du corps et de l’expérience : que cherchons-nous à désigner lorsque nous parlons d’intelligence ?
  2. Sommes-nous des intelligences artificielles ?
    Un dialogue philosophique sur les analogies entre cerveau et machine, le déterminisme et la conscience. Jusqu’où ces rapprochements nous éclairent-ils, et où rencontrent-ils leurs limites ?
  3. Intelligence artificielle : rupture ou continuité ?
    De la formalisation du raisonnement aux systèmes génératifs : repères historiques et relations entre algorithmes, automatisation, IA à règles et apprentissage automatique.
  4. Apprendre, produire, comprendre : que fait la machine ?
    Entraînement, mémorisation et généralisation : comment un système produit-il ses réponses ? Que permettent ses résultats de conclure sur ses capacités de raisonnement ou de compréhension ?
  5. L’IA peut-elle faire des découvertes mathématiques ?
    Explorer des conjectures, construire des démonstrations, vérifier des résultats : quelle contribution des machines à la recherche ? Une réflexion nourrie notamment par les positions de Terence Tao et de Cédric Villani, en distinguant annonces, preuves proposées et résultats validés.

Ensemble B — Discours, confiance et choix de société

  1. Comment parle-t-on de l’IA ?
    Promesses de progrès, annonces de rupture et prédictions de catastrophe : qui parle, depuis quelle position et avec quels arguments ? Des phrases chocs replacées dans leur contexte.
  2. Pourquoi les spécialistes sont-ils en désaccord ?
    Divergences de méthodes, de définitions et d’anticipations : comment distinguer un désaccord scientifique, un choix philosophique et une opposition d’intérêts ?
  3. Peut-on faire confiance à l’IA ?
    Fiabilité des réponses, vérification des sources et compréhension des erreurs. Quand utiliser un résultat, quand le contrôler, et qui en assume la responsabilité ?
  4. Quels risques et quels choix collectifs ?
    Biais, désinformation, surveillance, concentration du pouvoir et empreinte environnementale : distinguer les dommages observés des risques anticipés, et discuter des moyens d’action.
  5. L’IA annonce-t-elle la disparition de certains métiers ?
    Automatisation des tâches, transformation des professions, transmission des savoir-faire et accès des jeunes à l’emploi : que peut-on observer, et qu’est-ce qui reste incertain ?

Ensemble C — Création, expérience artistique et transmission

  1. Qu’est-ce que créer à l’époque de l’IA ?
    Intention, invention, originalité et attribution : comment apprécier une production et reconnaître la contribution de l’artiste, des outils et des ressources mobilisées ?
  2. Peut-on calculer la musique ?
    Des procédés de composition algorithmique aux modèles génératifs : comment le calcul organise-t-il les matériaux et les formes ? Quelle place laisse-t-il au choix, à l’écoute et à l’imprévu ?
  3. L’IA a-t-elle une pensée musicale ?
    Produire des structures sonores suffit-il à penser la musique ? Un dialogue sur l’écoute, l’interprétation, l’intention et la construction d’un sens musical.
  4. Comment l’IA transforme-t-elle l’expérience artistique ?
    Installations interactives, relations entre son, image et espace : comment évoluent la place du spectateur, les possibilités de participation et la rencontre avec l’œuvre ?
  5. Enseigner et apprendre avec l’IA : quelle place pour le professeur ?
    Exemples en formation musicale, écriture et composition : comment utiliser ces outils tout en développant l’autonomie, le jugement et les savoir-faire de l’élève ? Quelle place pour la relation pédagogique ?

Ensemble D — Le Labyrinthe du temps : une œuvre pour mettre ces questions à l’épreuve

  1. Le Labyrinthe du temps : genèse d’une démarche
    Les questions fondatrices du projet et les relations entre composition, calcul et recherche. Comment une démarche artistique se construit-elle et se transforme-t-elle dans la durée ?
  2. Dans l’atelier : du calcul à l’œuvre
    Présentation d’exemples issus de l’homométrie, de HOPS, de STIOZ/STISMI et de SVO. Chaque notion est introduite à partir de son rôle concret dans la création.
  3. Parcourir l’installation : écouter, voir, apprendre
    Modes d’exploration, partitions en temps réel et médiation : comment permettre à différents publics d’entrer dans l’œuvre et d’y construire leur propre parcours ?
  4. Quelle place pour l’IA dans le Labyrinthe du temps ?
    Examen d’usages possibles ou expérimentés, en précisant leur statut : recherche assistée, documentation, accessibilité et exploration des archives. Quels apports, quelles limites et quels choix artistiques ?
  5. L’IA et la « mort » du Labyrinthe ?
    Que perd-on lorsque le résumé, l’explication ou la description se substituent à l’expérience de l’œuvre ? Une interrogation sur ce que l’IA peut transmettre, et sur ce qui demande encore d’écouter, de voir et de parcourir.